mardi 17.11.2009, 05:03 - EMMANUELLE BOBINEAU
Dimanche soir, les habitants des Provinces-françaises ont découvert avec stupeur le reportage consacré à leur quartier par la chaîne TF1 dans l'émission « Sept à huit ». Le
reportage, d'une quinzaine de minutes, intitulé « Peur sur la cité », « alimente la psychose », selon cette habitante, qui vit dans le quartier depuis 34 ans. Thomas
Gueydan, directeur du centre socioculturel des Provinces-françaises, évoque un reportage « malhonnête ». ...
Sentiment partagé par Amile, aux Provinces depuis vingt-cinq ans : « Ils ont montré ce qu'ils voulaient montrer. Point. » « Effarée » par ce qu'elle a vu, l'une des employées
de la boulangerie a vu défiler hier les habitués, certains sous le choc : « À écouter TF1, on vit dans le Bronx. Je connais une femme, d'une trentaine d'années qui vient d'emménager.
Ce matin (hier), elle est venue me demander si c'était dangereux de vivre ici. Ses parents l'ont appelée suite au reportage pour lui dire qu'il fallait qu'elle déménage. » Hier dans les rues
des Provinces, la lassitude et l'incompréhension dominaient. « Pourquoi on prend toujours notre quartier en grippe ?, se demande cette mère de famille. C'est pas pire qu'ailleurs ! »
Thomas Gueydan essaie, lui, de prendre du recul : « Ça stigmatise un quartier qui n'en a pas besoin, c'est dommage. En même temps, ça fait sourire, c'est tellement exagéré. Rien que le
titre, Peur sur la cité, ça fait penser à Peur sur la ville, le film avec Belmondo. » Le maire Rémi Pauvros a lui aussi fait savoir son indignation : « Il n'y a pas de raison
particulière pour qu'on soit ciblé ainsi. » Et d'ajouter : « La télé relance le débat sur l'insécurité dans les quartiers. »
Ce que n'ont pas manqué de souligner les habitants interrogés hier. « On sait comment fonctionne TF1, tente le directeur du centre social, ils font du sensationnel. » Dans un communiqué envoyé par mail, le parti radical, par les voix de Guillaume Lesourd et Delphine Kempf martèle que la cité du Clair de Lune« n'est pas la zone de non-droit décrite dans le reportage ». Le maire promet quant à lui d'écrire à la production pour demander qu'une fois au moins, on parle de Maubeuge sans « caricaturer » et « stigmatiser » ses habitants.